Mercredi 25 juillet 2007
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PRÉFACES
ROLAND LE CORDIER
"les amitiés"
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Les liens, les échanges épistolaires, les amitiés, les affinités électives
ont une importance primordiale dans l'oeuvre des poètes,des artistes,
d'ailleurs la preuve en est , l'exposition Matisse- Rouault qui se déroule
au Musée d'Art Moderne est développée à partir des "correspondances ".
Ainsi dans l'esprit du rappel des liens, de la mémoire, des concordances,
des influences, mais surtout au nom de l'amitié, j'aimerais évoquer les
noms des quelques amis et compagnons de route qui furent proches,
la liste sera loin d'être exhaustive , car Roland le Cordier a sans cesse
entretenu ces liens chaleureux et de partage.
Le sympathique et gentil Philippe Chabaneix l'auteur entre autre
de "Mémoire du coeur" était de ceux là.
Jean Rocca qu'il nomme le sculpteur de rêves, Jean Aubert toujours très
engagé au service de la poésie, Jehan Despert excellent poète dont je me
souviens "Orénoque ", Eugène Guillevic le poète de l'essentiel,
le presque minimaliste,dont nous nous souvenons
des ouvrages " Terraqué " et " L'art poétique ", je retrouve aussi l'ami
Pascal Bonetti, bon poète classique trés attaché à la Société
des Poétes Français, Marcel Brun le poète de la dernière lettre,
je pense aussi à l'amie chère et fidèle, la belle poétesse Miréio Doriyan
dont l'oeuvre fut si prolixe.
Jean Guirec, toujours prêt à se mettre au service des auteurs,
Henry Meillant, le président fondateur de la S.P.A.F et de la revue Art et Poésie
Le délicat Bernard Aurore, Robert Houdelot, Vital Heurtebize, poète engagé
et très actif , fondateur des éditions Nouvelles Pléiades, des revues :
"L' étrave, L' agora, de l'association Poétes sans frontières", actuel
président des Poétes Français, Pierre Osénat qui fut souvent son préfacier,
l'ami Edmond Reboul, préfacier lui aussi,conférencier, sans oublier le
célèbre et sympathique poète Belge Maurice Carème, le merveilleux poète
philososophe André Henry dont nous n'oublierons jamais les remarquables
conférences et réflexions sur la poésie que nous pourrions assimiler
à Gaston Bachelard ou à Philéas Lebesgue, la poésie devenant
une philosophie de la vie, une possibilité de devenir humain meilleur.
Signalons aussi Jacques Charpentreau inconditionnel éditeur, bel artisan
de la poésie et l'éditeur utopiste et convaincu Jean Grassin qui vient
de nous quitter, il laisse derrière un véritable temple
dédié exclusivement à l'art poètique.
Jean-Claude Georges président actuel de la S.P.A.F et directeur de la revue
Art et Poésie , fidèle compagnon qui sera toujours présent à ses côtés
au nom de l'amitié et de la poésie partagée.
Pour rien au monde je n'oublierai Alain Lefeuvre, l'homme de l'engagement,
l'homme du combat au droit de la poésie, le poète de haute voix qui
ne mâcha jamais ses mots, qui ne supporta aucune basse consession,
il fut toujours le poète de la parole,
qui aida avec son épouse Jackie , Roland le Cordier
pour mener à bien ses dernières publications.
Les artistes furent également présents dans l'oeuvre de Roland le Cordier,
qui confia régulièrement les illustrations de ses recueils au grand
et si merveilleux peintre Michel Tesmoingt, l' illustrateur des poètes
par excellence, son art si subtil donnait aux textes toute leur élévation.
Michel Bénard.
JACQUES VIESVIL
" La rumeur du silence. "
Précieux privilège, en introduction Jacques Viesvil nous situe dans
l'émerveillement,dans l'enchantement,par la découverte de son écriture
poétique et spirituelle,déclanchant en nous ce miracle du dédoublement, une
sorte d'oscillation entre l'homme et l'âme.
C'est toute la magie de son verbe !
" A l'intérieur du corps
les affiches déchirées de la mémoire
s'en vont en lambeaux de fumée."
Dés les premières lignes nous d'emblée sur les degrés
de l'éloquence subtile de la révélation.
Situons nous ! Le langage vibre et se dédouble dans un contexte imprégné
d'une délicate dualité, d'un mazdéisme sous jacent,diaphane,
mais pourtant omniprésent.
"La terre est douce comme un sexe
le désir monte en semence."
Nous effleurons ici toute la sensibilité de l'esprit coloré de ses nuances
spirituelles les plus harmonieuse. Hissons nous à ce fil d'argent
de la dualité et de l'ambiguïté de l'être. Et lorsque c'est un poète
de l'envergure de Jacques Viesvil qui prends la situation en "plume"
la scène se révèle à nous sous une toute autre dimension. Il manipule le verbe
comme un maître joaillier, c'est tout simplement troublant, son discours
nous replace sur le seuil de notre nudité et de notre ignorance.
".../...tant de fois
la terre stérile
les mains vides
la soif du plus haut.../..."
Par la vibration de sa poésie, Jacques Viesvil propose
à l'homme de s'extirper de sa gangue.
L'homme prend conscience de ses faiblesses, de ses errances,
de ses volte-face, et l'âme lui restitue sa lumière, ses baumes expiatoires.
C'est un appel, un cri, qui porte jusqu'au dépouillement de nos peaux calleuses,
de nos vieux oripeaux souillés d'histoire et de quotidien.
Par l'envoutement de la parole lucide Jacques Viesvil suggère l'unité,
ne plus faire qu' "un", reconquérir l'être androgyne de l'origine,
"confondre le moi avec le soi "
mais également réconcilier le grand schisme des écritures,
le féminin et le masculin qui sont en nous.
Parfois au détour d'un vers, nous nous retrouvons dans la confusion
des éléments, tout se mêle, se divise, se rassemble, passe du chaos
à la sérénité.Cependant au grand désespoir du poète,
l'homme demeure dans une attente perpétuelle,
"Tant de fois semé
de la poudre d'étoiles
dans les sillons de l'illusion."
Et la voix de l'âme lui propose une issue à ses errances, ses doutes,
elle l'oriente sur le chemin d'un ère nouvelle.
L'enracinement est tenace, c'est encore l'interrogation, l'incertitude
d'être et de devenir ! L'homme tente de s'extraire de sa détresse,
il voudrait fuir la rumeur, la fureur, le mensonge, la possession,
soudain il se prend à rêver de lumière, de renaissance.
Soulignons néanmoins que cet élan porté vers "l'homme véritable" ,
"l'homme total" n'est pas sans nous faire songer au mythe d'Orphée qui par
son approche de l'enfer, passe par la destruction du moi afin de mieux
s'offrir ou accéder à la vie de l'âme nimbée de lumière céleste.
Le quêteur de vérité doit se méfier des croyances sectaires, des
superstitions séculaires,des dogmes aliénants, il lui faut s'en délivrer
pour accéder lui même à la résonnance universelle. Le chemin vers
le détachement est long. Le poète Jacques Viesvil en a pleinement
conscience, l'homme encore dans l'égarement se perd, ralentit sa marche
dans le labyrinthe, il se refuse de voir la réalité, se berce d'illusions, mais
même inconsciemment il cherche sa libération, la voie primordiale,
la source originelle.
"Me délivrer des chaînes de l'habitude
laisser glisser la peur de l'inconnu
jusqu'à la nudité du mystère."
Il est écrit depuis l'origine que l'homme ne pourra trouver la vérité
que par son passage au travers des filtres des quatres éléments,
l'air, la terre, l'eau, le feu.
Le poète invite l'homme à se contenir dans sa course effrénée, à reprendre
son souffle, à retrouver ses esprits et à se délivrer de l'emprise de ses
préjugés, de ses fausses croyances, de la corruption de ses veaux d'or,
de raser son passé falsifié, pour peut être enfin pouvoir découvrir sa terre
promise, son temple radieux, qui dorment au fond de son coeur.
"Ainsi qu'une cathédrale de lumière
émergeant de la lumière."
Toucher à la fusion universelle, tendre vers la communion absolue,
avancer vers l'unité suprême, n'être plus qu'un en toute chose.
Voilà le maître mot du poète, la révélation majeure !
Arrimant son échelle aux degrés du ciel, Jacques Viesvil vient de poser
sa pierre angulaire à la lueur de son point de flamme, il vient de signer pour
nous une oeuvre " de lumiére au bas du tableau des ténèbres", il nous dit
toute la musicalité que peut contenir "La rumeur du silence".
Mais, si en marge de toute quête spirituelle Jacques Viesvil avait
simplement voulu signifier la beauté. La beauté de l'être révélé !
Dostoïevski ne disait il pas " la beauté sauvera le monde."
Oui, sans toutefois oublier de prendre conscience de la fragilité
des liens qui unissent les êtres.
Michel Bénard.
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Par michel benard
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Publié dans : Critiques littéraires
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